Olivier Maurel

Écrivain militant – Non à la violence éducative !

By Olivier Maurel

Parution de la correspondance des années de guerre de ma soeur Micheline

Je viens de publier la correspondance des années de guerre de ma soeur aînée, Micheline, sous le titre Danse au bord du précipice.
Ma soeur, qui est née en 1916 aurait cent ans cette année. Pendant la « drôle de guerre », à Lyon où elle faisait ses études, elle a fait la connaissance d’un groupe de pilotes polonais qui avaient réussi à échapper aux Allemands et qui avaient été regroupés à Lyon où ils s’entraînaient sur l’aéroport de Bron. Micheline a noué avec l’un d’entre eux, Tadeusz Zeligowski, une amitié amoureuse qui constitue un des fils directeurs de cette correspondance.
Ma soeur écrivait très souvent à sa famille avec une spontanéité et une franchise étonnantes. Elle avait l’art de raconter de façon drôle, vivante et parfois illustrée de dessins, tout ce qui lui arrivait. Le 18 juin 1940, après la défaite française, son pilote a été évacué vers l’Angleterre par le gouvernement polonais en exil. Micheline est donc restée seule et, rentrée à Lyon, elle a consacré une bonne partie de son temps à essayer de renouer le contact avec Tadeusz et entre Tadeusz et sa famille en Pologne.
Au cours de ses recherches, elle a été contactée par un Polonais qui, sans qu’elle s’en rende clairement compte, l’a fait entrer dans la Résistance. Jusqu’à son arrestation, le 19 juin 1943, elle a effectué, pour trois réseaux successifs, un grand nombre de missions qu’elle a partiellement racontées dans des récits autobiographiques inédits que j’ai intercalés chronologiquement entre ses lettres. Ses lettres sont aussi un témoignage intéressant sur la vie à Lyon sous l’Occupation. Tout cela donne à cette correspondance un intérêt historique qu’a souligné dans sa préface Jean-Marie Guillon, historien de la Résistance.
Mais tout au long de ses lettres, c’est la personnalité étonnante de ma soeur qui fait l’intérêt de ce récit de sa vie presque au jour le jour.
Il se trouve qu’au même moment, les éditions de Minuit viennent de rééditer son premier livre : Un camp très ordinaire, qui a paru pour la première fois en 1957, préfacé par François Mauriac et qui a obtenu le Prix des critiques. A la demande de l’éditeur, j’ai écrit pour cette réédition une postface qui raconte la vie de Micheline avant et après le camp.
Quelques années avant sa mort, j’avais eu le plaisir de faire se rencontrer Micheline et Alice Miller dont elle avait lu avec passion plusieurs livres. A peine en présence l’une de l’autre, elles se sont mises à parler polonais comme deux vieilles amies.
Je serai à la Fête du livre de Toulon, sur le stand de la librairie Gaïa, le vendredi 18 novembre toute la journée et le dimanche 20 l’après-midi, pour présenter ces deux livres. Merci de le signaler à vos parents ou amis de la région de Toulon.

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